Au 1er janvier 2026, le salaire minimum au Portugal a été revalorisé. Il s’établit désormais à 920 euros bruts par mois, une augmentation de 50 euros par rapport à 2025. Cette hausse s’inscrit dans la stratégie salariale du gouvernement portugais visant à améliorer progressivement le pouvoir d’achat des travailleurs aux revenus les plus modestes.
Un SMIC versé sur 14 mois
Comme c’est la règle au Portugal, le salaire minimum est versé sur 14 mois, incluant les primes de vacances et de Noël. Sur une base annuelle, le SMIC brut atteint donc 12 880 euros.
Pour permettre une comparaison plus lisible avec les autres pays européens, ce montant correspond à environ 1 073 euros bruts par mois s’il était étalé sur 12 mois.
Cette revalorisation a été validée en décembre 2025 par le Conseil des ministres, dans le cadre d’un accord tripartite conclu en octobre 2024 entre le gouvernement de centre-droit dirigé par Luís Montenegro, les syndicats et les organisations patronales.
Un SMIC exonéré d’impôt sur le revenu
Bonne nouvelle pour les salariés concernés : le gouvernement a relevé le seuil de non-imposition à hauteur du salaire minimum.
Concrètement, les bénéficiaires du SMIC ne paieront pas d’impôt sur le revenu (IRS) en 2026.
Cette mesure vise à garantir que la hausse du salaire minimum se traduise par un gain réel de pouvoir d’achat, et non par une augmentation mécanique de la fiscalité.
Une trajectoire définie jusqu’en 2030
Cette revalorisation n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle fixée par l’exécutif portugais. Le plan officiel prévoit :
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un SMIC à 1 020 euros en 2028,
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puis 1 150 euros en 2030.
L’objectif affiché est d’accompagner progressivement les bas salaires tout en tenant compte des capacités économiques des entreprises.
Un coût de la vie sous pression, notamment à cause du logement
Malgré cette hausse, le contexte économique reste tendu. L’inflation annuelle, attendue autour de 2 %, demeure modérée mais persistante.
Si le coût de la vie au Portugal reste globalement inférieur à celui de la France, entre 28 % et 35 % selon les postes de dépenses, l’écart tend à se réduire. En cause : la flambée des prix de l’immobilier, qui ont augmenté de plus de 50 % en cinq ans, particulièrement dans les grandes villes.
À Lisbonne ou Porto, un ménage a désormais besoin d’environ 2 500 euros de revenus mensuels pour vivre confortablement. Pour une personne seule, le strict minimum est estimé à 1 200 euros par mois, un niveau supérieur au SMIC étalé sur 12 mois.
Malgré les revalorisations successives, le pouvoir d’achat au Portugal reste contraint. Il demeure environ 44 % inférieur à la moyenne française, soulignant les limites structurelles du modèle salarial portugais face à l’augmentation rapide du coût du logement et des services.



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